La mélodie des cendres

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Nantes, hiver 2007. Un squelette de femme est retrouvé près des berges de l’Erdre. Qui est donc cette morte, enterrée là depuis plus de vingt ans ? L’une des deux femmes, – toutes deux prénommées Marie – disparues au même endroit, bien des années plus tôt ? Le commissaire Czerny et son équipe vont tenter de faire parler le passé grâce aux nouvelles méthodes de la « scientifique ». Parallèlement, un jeune médecin originaire du Québec enquête secrètement. Pour l’un comme pour l’autre, la vérité va progressivement s’imposer : si le corps appartient effectivement à l’une des Marie, l’autre Marie est coupable de ce meurtre. Mais « qui est qui » dans cette histoire ? Au-delà de cette double enquête mettant en scène une galerie de personnages hauts en couleur, le roman explore les limites de la police scientifique. Que valent les certitudes de laboratoire quand la vie s’est chargée de les manipuler ?

Après Vice repetita et Mat à mort, Hervé Sard nous concocte une intrigue posée comme un défi : le lecteur, dès le départ, aura une longueur d’avance sur l’enquêteur. Saura-t-il faire mieux que lui ? Réponse dans les toutes dernières lignes...


Paru initialement aux Éd. Krakoën (2008) - Collection "Forcément noir"
232 pages - 3 € - ISBN 979-10-92738-03-2

En numérique sur : Amazon kindle - Fnac Kobo - Google Play - ChapitrePayHip - Youscribe

Avant-propos

Fouiller dans la boue du passé revient à perturber le sommeil des fantômes, même s’ils se réduisent à des os calcinés, enfouis dans la terre. Raison de plus pour poursuivre les fouilles, diront certains ; pour s’en tenir à l’incertitude, diront les autres.

Il n’est pas nécessaire d’être flic pour investir ces énigmes, mais ça aide. Il n’est pas indispensable d’avoir le même sang que les fantômes, mais ça crée des liens. Alors, qu’on soit commissaire ou parent immédiat, c’est bien la même histoire ; le même champ de boue à explorer et retourner dans tous les sens, quitte à découvrir des choses moches. On appelle ça une enquête, aussi bien qu’une quête. Un parcours jonché de trappes et d’impasses, d’indices troublants et d’ombres, peuplé de personnages tous plus tordus et humains les uns que les autres.

Et, par l’écriture rigoureuse de Hervé Sard, les détails abondent. Ils déferlent discrètement et nous cernent. Certains se mettent même à nous regarder, avec insistance. On s’attache aux mots aussi bien qu’ils s’accrochent à nous. Seule la fantaisie qui s’immisce dans ce roman est alors en mesure de nous maintenir à distance.

Cyril Herry

Cyril Herry est photographe, infographiste et écrivain. Il est entre autres l'auteur de Lille aux mortes, aux Editions Ravet-Anceau. Cyril Herry est également le fondateur des Éditions Écorce, maison spécialisée dans le polar.
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Revue de presse

Polars Pourpres - Octobre 2008

Hiver 2007, près de Nantes. Un squelette est retrouvé, un diamant autour du cou et une gourmette au poignet. Le commissaire Czerny, chargé de découvrir l'identité de cette femme morte il y a plus d'une vingtaine d'années, mène l'enquête aidé de son équipe. Grâce au bracelet, ils se basent sur leur seule certitude, son prénom : Marie.

Mais laquelle ? Marie Caron ou Marie Chevalier, toutes deux portées disparues depuis des années ?

Au même moment, Nicolas Moulin, le fils de l'une des deux Marie, arrive tout droit du Québec, pour essayer de retracer le passé de sa mère et comprendre ce qui s'est produit au moment du drame.

La mélodie des cendres est un livre qui amène à se poser énormément de questions pour tenter de deviner l'identité du cadavre. Mais chaque réponse apporte son nouveau lot d'interrogations. Hervé Sard sait manier les mots et brouiller les pistes. Il emmène le lecteur sur son terrain, et lui donne une longueur d'avance sur le commissaire, pour tenter de remettre l'histoire dans l'ordre et comprendre qui sont réellement les différents personnages et quel a été leur rôle dans l'histoire.

Et tout comme dans ses précédents livres, Vice Repetita et Mat à mort, ce n'est qu'à la toute fin que l'auteur lève le rideau et répond à toutes les questions.

Au final, on ne peut que souligner l'imagination et le sens de l'intrigue de Hervé Sard, qui encore une fois réussit le pari de l'originalité et du suspense.

Mon polar (René Barone) - Octobre 2008

J’ai un défaut, j’aime bien placer les romans dans des catégories : procédural, whodunit, suspens, noir, chambre close, thriller, etc. et c’est parfois un peu restrictif. Un procédural c’est souvent aussi un whodunit, les genres sont régulièrement mélangés. Tout cela pour dire que La mélodie des cendres est un un peu inclassable car c’est un whodunit particulier, avec un enquêteur venu du Québec, mais aussi un procédural où interviennent les techniques les plus sophistiquées. Whodunit particulier, car il ne s’agit pas de savoir seulement qui est l’assassin, mais aussi qui est la victime entre les deux Marie. D’autres questions se posent au cours de cette enquête embrouillée à souhait qui arrive à maintenir le suspens avec cette question “qui est qui” qui semblait simple au départ mais se révèle bien plus complexe.

La mélodie des cendres est un polar qui multiplie les points d’interrogation pour le plus grand plaisir des lecteurs.
Mystère Jazz (Paul Maugendre) – Novembre 2008

Armé de son inusable détecteur de métaux Pierre Fournier, dit La Poêle, se serait bien passé de découvrir ce genre de trésor. Un squelette à moitié carbonisé d’une jeune femme près des bords de l’Erdre. Cela fait plus de vingt ans que le cadavre attend qu’une bonne âme le déterre. L’affaire est confiée au commissaire Czerny de Nantes. Le corps possédait en tout en pour tout une gourmette sur laquelle sont gravées trois lettres : M.R.C., ainsi qu’un pendentif orné d’un bijou bleu. Les initiales M.R.C. pourraient correspondre à Marie Roselyne Chevalier, dont le père habite tout près. La mère était décédée à la même époque, d’une chute dans l’escalier de leur maison aujourd’hui délabrée, et Marie Chevalier s’était enfuie à la même époque. Mais ces trois lettres pourraient correspondre également à Marie Régine Caron qui n’a plus donné signe de vie elle aussi. Les deux jeunes filles étaient nées sensiblement aux mêmes dates. La mère de Marie Caron est décédée dans l’incendie de la clinique où elle a accouché. Maxime Caron a cru reconnaître la bijoux de sa fille mais les tests ADN ont infirmé la paternité tandis que les experts de l’Identité judiciaire ont démontré qu’il n’existait aucun lien de parenté entre le cadavre et André Chevalier.

Pendant ce temps au Québec, Nicolas Moulin a découvert par hasard le journal intime de sa mère, Marie Caron. Il relève des contradictions comme le jour présumé de sa naissance, le lieu où elle était sensée avoir passé sa jeunesse. Sont également écrites des phrases terribles qui le plongent dans un profond trouble. Adepte d’Internet, il a pris connaissance de la macabre découverte près de Nantes, justement là où sa mère est née, et l’identité probable de la victime. Malgré son handicap, il est atteint de trouble bipolaire, il part pour la France, afin de mener son enquête personnelle. S’il s’est procuré de faux papiers, il a oublié d’emporter ses médicaments, afin de pouvoir se soigner en cas de crise. Débute alors un chassé-croisé entre Nicolas et les hommes de Czerny, parfois débordés par les évènements. Et surtout par ce double problème : quelle Marie a été carbonisée et dans ce cas l’une des Marie a-t-elle occis l’autre ? Czerny classe dans son cerveau toutes les données qu’il a en sa possession, seulement les manques sont nombreux.

La Mélodie des cendres est un roman labyrinthe et il est parfois difficile au lecteur de s’y retrouver. Mais tout s’emboîte jusqu’à la chute, véritable retournement de situation. Hervé Sard multiplie les impasses, les chemins de traverse, les faux-semblants, tout en retombant toujours sur ses pieds. Seulement l’épilogue est légèrement tronqué, non pas par la résolution de l’énigme, logique, mais par l’apparition d’un protagoniste providentiel. L’intérêt réside aussi avec les personnages qui gravitent dans ce roman, enquêteurs, légiste, et autres et l’humour, noir bien entendu, procure un charme particulier.

Action Suspense (Claude le Nocher) – Décembre 2008

Dans la région nantaise, un corps est retrouvé enterré parmi les vignes, à deux pas des rives de l’Erdre. Ce sont les restes calcinés d’une jeune femme non identifiable, morte depuis des années. Policier expérimenté, au raisonnement assez singulier, le commissaire Czerny s’occupe de l’affaire. L’inconnue est baptisée Marie Diamant, à cause du bijou bleu qu’elle portait. Deux pistes s’offrent à Czerny, deux jeunes femmes prénommées Marie, disparues vingt ans plus tôt à Carquefou. Après le décès accidentel de sa mère, Marie Chevalier n’a plus donné signe de vie. Quant à Marie Caron, qui perdit sa mère peu après sa naissance dans l’incendie de la maternité, elle a disparu à la même époque.

Nicolas Moulin est un jeune médecin québécois de 26 ans qui, du côté maternel, a des origines nantaises. Bien qu’il soit sujet à des troubles psychologiques bipolaires entraînant de pénibles crises, Nicolas veut en savoir plus sur le passé de sa mère, Marie. Ses ancêtres français, elle lui en a parlé, mais conserve des secrets. Sous une fausse identité, Nicolas mène sa propre enquête à Nantes. Il ne tarde pas à découvrir les noms de Chevalier et de Caron, dont l’un est sûrement son grand-père, et à s’informer sur l’incendie de la maternité. Son Papy des Hêtres, c’est sans doute M.Chevalier. Marguerite, une vieille dame usée mais à la mémoire claire, lui montre une photo de M.Caron en 1960. Nicolas lui ressemble trait pour trait.

Avant ou après Nicolas, le commissaire Czerny et ses collègues ont questionné les mêmes témoins. Avant de disparaître, Marie Caron se renseignait sur le passé de sa famille. Jeune femme sans histoire, elle ne semblait plus s’intéresser qu’à cela. Fournier, le chercheur de trésor qui – avec son appareil détecteur de métaux – a trouvé par hasard le corps n’est finalement pas suspect. L’alcoolique M.Chevalier n’a que peu de souvenirs d’autrefois. Maxime Caron, qui fut jadis bel homme, reste un solide gaillard. Il n’avoue que ce qu’il veut bien révéler. Czerny évalue les minces indices dont il dispose, telles les facettes d’un cube. L’identité de Marie Diamant est toujours aussi incertaine. Les policiers ont fini par s’apercevoir que Nicolas enquêtait en parallèle. Après s’en être pris à M.Chevalier et avoir subi une fiévreuse crise, le jeune québécois se rend compte qu’il est repéré...

Ici, le postulat ne consiste pas à chercher un éventuel coupable, mais à définir qui fut la victime. Plus encore que son identité, ce sont les faits datant de vingt à cinquante ans qu’il faut déterminer. La méthode fort personnelle du commissaire l’aidera-t-elle vraiment à sortir de cet imbroglio labyrinthique ? On le verra. On avait déjà noté qu’Hervé Sard aimait à jouer avec ses lecteurs, présentant des situations supposées impossibles. Pour ce troisième roman, il maîtrise de mieux en mieux son intrigue et son écriture. Outre quelques personnages dont la caricature est réussie (tels le brigadier Colin ou le policier Mazurelli), soulignons de savoureuses scènes (celle opposant la légiste et Czerny est un régal). Un suspense pas ordinaire, c’est certain.

Bibliotheca – Octobre 2008

Carquefou, près de Nantes, 2007. Un squelette de femme est retrouvé près des berges de l’Erdre. La police enquête, mais tout ce qu’elle découvre est que la femme a été brûlée et enterrée depuis plus de vingt. L’identité de la femme est inconnue même si des soupçons sont portés sur deux adolescentes, toutes deux dénommées Marie, qui ont disparu il y a vingt ans dans la même région. C’est en effet un bracelet retrouvé près du squelette qui indique le prénom des deux jeunes filles. Le commissaire Czerny et son équipe vont tenter de faire parler le passé grâce aux nouvelles méthodes de la police scientifique. De l’autre côté de l’Atlantique, au Québec, un homme décide de partir pour la Bretagne afin de mener une enquête sur le passé de sa mère, dans lequel semble avoir eu lieu, il y a vingt ans environ, un terrible drame.

Après Vice repetita et Mat à mort, sortis en 2007, l’écrivain de romans policiers Hervé Sard confirme son immense talent dans le genre avec l’excellent roman La mélodie des cendres. L’intrigue très originale et bien ficelée fait suivre au lecteur deux enquêtes menées de façon totalement différente autour d’une même énigme. Dès le départ, voyant ce qui se passe des deux côtés, le lecteur garde toujours une longueur d’avance sur les enquêteurs, et l’attrait principal pour lui, outre la découverte du fin mot de l’histoire, sera aussi de voir comment ces deux enquêtes vont peu à peu s’imbriquer l’une dans l’autre. Des deux côtés les rebondissements sont multiples pour ensuite mener vers un dénouement surprenant. Le tout est écrit dans une langue à la fois simple et précise et ne laissant rien au hasard.

Hervé Sard profite également de ce roman pour porter une critique à l’encontre des méthodes scientifiques d’enquête, tellement à la mode de nos jours, comme c’était déjà le cas dans le roman Vice repetita où toutes les preuves scientifiques ne faisaient qu’accabler un innocent.

La mélodie des cendres est un roman policier très original et fort réussi qui ravira tous les amateurs du genre.


A découvrir !

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